Voici une quinzaine de jours, j’ai, sur le conseil d’amis, ouvert une cagnotte sur Leetchi.

A cet effet, je voudrais remercier les gens qui ont participé à cette cagnotte, que ce soit sur le site ou directement, en communiquant avec moi.

Ce n’est pas une petite affaire de lancer un tel appel, et croyez bien qu’il m’en a coûté, que j’ai retourné le problème dans tous les sens, ai fait des tas de calculs, ai émis des centaines d’hypothèses et de plans sur la comète avant de me décider. A peine appuyé sur le bouton, avais-je déjà regretté. Peur que ça se sache, peur des railleries, des critiques, des revers.

L’amitié, c’est tellement précieux mais ça ne tient souvent qu’à un fil et j’y tenais, à ce fil.

Comme il faut apprendre l’humilité, toujours et encore ! Je ne sais comment vous remercier, vous qui avez agi si spontanément et sans rien attendre en retour. J’espère que vous accepterez mes modestes présents qui ne peuvent être que des images, originaux ou éditions limitées.

Vous recevrez une partie de mon âme, et c’est bien peu, comparé à votre élan de solidarité.

Beaucoup ont été surpris car je n’ai pas donné de précisions.

 

 

Alors, on y va…

 

 

Bon, ce n’est pas parce que j’ai fermé mon atelier du Guilvinec, que mes ennuis ont surgi comme ça, d’un coup. J’ai toujours été sur la corde raide, sans crédit mais sans apport, autofinançant mes installations et mes investissements au fil du temps. La peinture est mon bien le plus précieux. L’atelier du guil me permettait de bien vivre en été, payer mes fournisseurs, mon loyer et chaque hiver, cela redevenait difficile. Heureusement, les visites des gens du coin me permettaient d’attendre des jours meilleurs…

J’ai fermé parce que j’étais très fatiguée, tout simplement.

Hé bien, sans atelier, cette année, j’ai fait des journées dédicace pour mon livre, des salons, puis des marchés artisanaux ou locaux. J’ai fait de nouvelles connaissances, tissé d’autres liens et ce fut, là aussi, un bel été.

En septembre, cédant aux instances de plusieurs personnes, j’ai accepté de donner des cours. J’ai dépensé mes derniers kopecks à l’achat de matériel pour mes futurs étudiants et ai remis à plus tard de payer certains dettes importantes.

Les éventuels candidats ne sont pas venus.

Peur que je ne sache rien leur apprendre ? Trop cher ? Pas assez cher ? Pas assez de pub?

Je manque tellement d’assurance que je n’ai pas su me vendre. Les deux seuls élèves que j’ai sont ravis, pourtant, de la façon dont je dispense mes cours, disant, je cite « qu’ils ont plus appris en trois séances qu’en dix ans de stage ailleurs » …

Puis, plusieurs expos prévues se sont annulées. Sans ces expos sur lesquelles je comptais (parce qu’un peintre, ça vend aussi des peintures) pour passer l’hiver, j’étais comme une cigale, les ailes figées et le sifflet coupé.

Alors que je recherchais un local ou une maison d’habitation sur le Guilvinec, suffisamment grande pour exposer mes aquarelles au RDC, rien ne se présentait, satisfaisant à mes envies et à mon budget, lequel devenait rikiki.

Il devenait urgent de trouver une solution. Elle se trouva dans ce merveilleux mais néanmoins minuscule local trouvé à Quimper et dont le montant du loyer me satisfaisait pleinement !

Lors de l’ouverture de ce nouvel atelier, le 15 novembre 2018, j’ai fait plusieurs investissements, et me suis endettée, comptant récupérer mes mises lors des Fêtes de Noël.

Ai-je baissé la garde ? Les nouveaux thèmes de mes aquarelles ne plaisaient pas ? Mais déjà, de nouveaux événements survenaient, dressant le glaive de la pénurie pour beaucoup de gens comme moi, vivant, sans filet, uniquement de leur activité.

Sur fond de révolution, les gens avaient d’autres soucis que l’achat de cadeaux futiles tels que des tableaux, préférant acheter des présents utiles.

Pourtant, un tableau, ça dure plus longtemps qu’une tablette ou un pull, et quand un peintre est sur la fin de sa vie, c’est souvent un placement pour l’avenir.

Oui, oui, je vous assure ! Un peintre qui a 30 ans, vit deux fois plus longtemps qu’un peintre qui a 61 ans. C’est pas moi qui le dis, c’est les statistiques ^^…

Alors, en dehors du fait que certaines de mes aquarelles mettant en avant mon petit éléphant n’ont pas fait l’unanimité au point de les voir achetées, et pourtant elles sont jolies! il y a eu ce contexte étrange mêlé de révolte, d’inquiétude, d’insécurité, de crise sociale et de difficultés économiques entraînant une baisse sérieuse du pouvoir d’achat.

Noël est passé, et chaque jour, comme beaucoup l’ont fait, je pensais : demain, oui demain, ils viendront.

La suite, vous la connaissez.

Voilà ce qui m’a amenée à créer une cagnotte…

Grâce à l’argent déjà perçu, j’ai pu payer des dettes importantes, des factures de cadres qui, faute de visites, n’ont pas été vendus, (j’ai du stock pour le printemps… ) Une facture d’énergie, quelques-unes de mes charges mensuelles…

Si vous me suivez, vous devez savoir que j’ai plusieurs projets :

Je suis en train d’écrire une histoire avec Olifant, destinée aux enfants, qu’ils soient grands ou petits.

Avant l’été, j’aimerais sortir également un recueil avec mes Bigoudènes.

J’ai un autre projet de cartes à messages dont je parlerai plus tard car il est encore à l’état d’embryon.

Je recommence à peindre des paysages, je refais des miniatures, des portraits également et si l’envie vous vient de passer la porte de mon atelier, vous serez toujours les bienvenus.

Comme je l’ai mentionné plus haut, il m’en a coûté de faire cette démarche. Que devais-je faire ? Perdre le fruit de toutes ces années d’efforts et d’investissements constants pour tomber dans l’oubli ? Bien sûr, si j’échoue, je me dis avec philosophie que j’ai encore d’autres vies, que je peindrai sous un autre nom, que je vendrai des cacahuètes ou d’autres choses.

Mais j’aime bien cette vie. J’ai fini par m’y installer et, tant qu’à faire, j’aimerais la garder encore un peu. Et tant pis si je fais parler dans les chaumières, les coins de rue et les échoppes. Il faut bien parler de quelque chose. Si c’est en bien, tant mieux. Si c’est en mal, ce n’est pas bien grave. J’ai tellement mis de conchennous en scène qu’en être la vedette ne peut être qu’un honneur pour moi…

Merci à vous de m’avoir soutenue et de m’avoir lue jusqu’à ces lignes…

 

Bigoudenes Nicole Pastor

Radio Guilvinec. Bigoudenes Nicole Pastor

 

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