Bonjour!

 

Je suis artiste peintre autodidacte depuis 35ans.

Les techniques que je privilégie sont l’aquarelle et toutes les techniques miscibles sur papier.

 

Une petite bio?

 

Peintre de la rue et du métro, je n’ai participé à aucun concours ni aucun salon.

Je n’ai reçu aucune récompense, si ce n’est celle des passants…

 

1958.

Voici donc ma petite bio…

Je suis née en 1958 à Marseille, de parents d’origine espagnole. Et je vais essayer de vous rédiger une petite bio.

 

Ma grand-mère paternelle, issue d’une famille de vignerons jurassiens, avait épousé mon grand-père, fermier colon installé au Maroc, par le biais d’une petite annonce aperçue dans une « gazette » de l’époque.

 

Je suis venue au monde quelques trente ans plus tard, d’une mère d’origine hispano-brésilienne au caractère fantasque et d’un père qui avait toujours la bougeotte.

 

C’est ainsi que nous avons déménagé une bonne dizaine de fois jusqu’à mes quatre ans, essayant tour à tour le Canada, les États Unis, ou la France comme Terres de Cocagne.

 

Cependant, les efforts de mon père pour aller faire fortune ailleurs que sous la férule de son père, se soldant chaque fois par des échecs cuisants, nous revenions toujours à la jolie petite ferme rose du Maroc que j’aimais tant.

 

1964.

 

Mon grand-père meurt. Les machines sont vendues, les terres mises en location, la ferme et les hangars à l’abandon.

 

Mon père s’en va en France, avec ma sœur et ma grand-mère. Je reste avec ma mère au Maroc. Son père, voleur d’enfances, vient vivre avec nous.

 

Petit à petit, insidieusement, les couleurs disparaissent et le silence s’installe. Mon univers devient triste, avec des camaïeux de gris, et je commence à rêver.

 

Depuis, je suis toujours en quête de ces souvenirs qui ont bercé des générations d’adultes.

 

Je suis donc une voleuse de souvenirs, entrant dans des intérieurs parfois sombres et poussiéreux, souvent austères, et par la force du rêve, j’imagine des enfants posés là, faisant des bêtises ou réclamant un signe de tendresse.

 

Je dessine des grands-mères au front bienveillant, au caractère facétieux, souvent dans des situations, on va dire « cocasses ».

 

1974.

 

Je quitte l’école, ou plutôt, l’école me délaisse.

 

Alors que je poursuivais une tranquille scolarité, passionnée de français, de langues mortes, d’histoire et de dessin, une catastrophe est survenue dans mon existence de collégienne qui aura des répercussions terribles pour le restant de ma vie.

 

Ce fut l’arrivée des maths modernes!

 

J’ai cru à une mauvaise blague et, dès les premiers cours, je me suis totalement désintéressée d’ensembles qui n’existaient pas, de lettres additionnées les unes aux autres et qui, soi-disant, donnaient la résolution d’un problème extrêmement complexe.

 

Mais, vous dites-vous, on s’en fiche. Les maths modernes, c’est dépassé!

 

Hé ben non, pas en 1971 et des poussières!

 

Prof de français-latin, tu ne peux pas. Entrer aux Beaux arts, c’est impossible. l’École Hôtelière, non.

 

Furent les réponses que m’opposa mon prof principal à l’issue de la troisième, ponctuant chacune de ses phrases par des

 

« t’es nulle en maths »…

 

Faut dire qu’il avait inventé, avec moi, un nouveau concept de notation des devoirs, les miens le faisant pleurer de rire parfois: les -2, -3, -10, -20, estimant que le zéro de la voisine était plus mérité que le zéro de mon devoir.

 

Affublée d’un bégaiement m’obligeant, par la cruauté des adolescents de ma génération, à la solitude, traînant une valise de complexes et de non-dits, j’abandonne mes rêves d’études.

 

Sans bagage, je rentrai dans la vie active en multipliant tous les petits boulots qui étaient à ma portée.

 

1983.

 

Sur un coup de tête, je décidai de quitter mon dernier emploi pour la peinture.

 

Totalement inculte, je me suis mise en peinture comme d’autres entrent en politique ou en religion: avec ferveur.

 

Dès que je commençais à peindre, mes complexes, mes peurs, mon marasme s’atténuaient. Il suffisait d’un peu d’eau pour faire chanter les couleurs.

 

C’était magique…

 

Pour vivre alors, je vendais mes peintures dans la rue et dans le métro.

 

Les débuts ne furent pas aisés, Je faisais des toutes petites miniatures de paysages que j’imaginais à partir d’illustrations en noir et blanc issues du magazine: La Gazette de l’Hôtel Drouot.

 

L’hebdomadaire, pour un prix plus que modique, regorgeait de peintures en tous genres que je revisitais avec, toutefois, plus ou moins de bonheur.

 

Je vendais ces tout petits morceaux de papier entre 20 et 30 francs (3 et 4.50€) et souvent on me les achetait pour me faire plaisir.

 

L’important était que j’aie assez d’argent pour soit payer ma chambre d’hôtel chaque soir, soit racheter du papier.

 

1985

 

Février.

 

J’ai découvert un tout petit coin de Bretagne!

 

Ma première vision de la Bretagne fut l’aube qui effaçait les limbes de la nuit sur les dunes de Tréguennec, berceau par excellence du Pays bigouden.

 

Ce fut un choc sans précédent.

 

Les ciels de plomb ou de pastel, les arbres couchés par les tempêtes, les contrastes saisissants, les maisons aux murs couleur de lait et aux toits noirs, la végétation si luxuriante que c’en était presque indécent, les pierres racontant chacune une histoire, les gens si vrais, si authentiques!

 

Enfin, je trouvai ici matière à mes rêves…

 

Je tombais littéralement sous le charme!

 

1991.

 

C’est un soir de l’hiver 1991, alors que tout allait mal, que ma grand-mère est arrivée, surgissant du néant.

 

Griffonnée au stylo à bille sur une feuille de papier à carreaux, elle avait une coiffe presque aussi haute qu’elle et un tablier suffisamment ample pour y absorber les peines des enfants.

 

Ce n’était qu’une grand-mère de bande dessinée mais dans ses yeux de papier, je pouvais y mettre toute la lumière que je voulais…

 

1993.

 

Pendant six années, ma grand-mère m’a suivie partout, rangée entre des paysages nostalgiques et des portraits d’enfant.

 

Petit à petit, d’année en année, j’avançais. Les passants finirent par me dire de plus en plus souvent que ma place n’était pas dans la rue.

 

Mais par manque d’assurance, et parce que les rares tentatives pour aller prospecter des galeries se soldaient par des refus teintés de mépris, je préférais la facilité et m’installer sur mon petit bout de trottoir.

 

Là, il me suffisait de baisser la tête, commencer à peindre pour tout oublier autour de moi.

 

Automne 1997.

 

Je rêvais tellement de la Bretagne que je finis par m’y installer, en me demandant avec incertitude de quoi j’allais vivre…

 

Eté 1998.

 

A la suite de quelques expos qui rencontrèrent un petit succès, j’ouvris une petite galerie à Quimper.

 

Mes sujets étaient variés, allant de paysages bucoliques à des portraits d’enfants ou des scènes intimistes mais c’étaient mes aquarelles de bigoudènes qui suscitaient l’enthousiasme.

 

1998-2016

L’aventure commençait…

 

mode-dessin-bigoudenes-pastor

Croquis préparatoire de l’aquarelle « Allégorie. A nos grands-mères. », aquarelle de Nicole Pastor.

 

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